Une alarme ne sert pas seulement à faire du bruit : elle doit aussi prévenir quelqu’un. Ce rôle est tenu par le transmetteur, la partie du système qui envoie l’alerte vers votre téléphone ou vers une station de télésurveillance. Or deux réseaux longtemps utilisés par ces transmetteurs sont en train de disparaître : le réseau téléphonique en cuivre, et les réseaux mobiles 2G et 3G.
Le risque est simple : une alarme dont le transmetteur ne trouve plus de réseau continue de fonctionner sur place, mais ne prévient plus personne. Voici le calendrier officiel, la façon de savoir si votre installation est concernée et les vérifications à faire.
Deux fermetures à ne pas confondre
Le réseau cuivre et le téléphone RTC
Le réseau cuivre est celui qui arrive à la prise téléphonique murale en forme de T. Il a d’abord servi au téléphone fixe, le réseau téléphonique commuté (RTC), puis à internet par l’ADSL. D’après la fiche pratique de l’Arcep sur la fermeture du réseau cuivre, c’est Orange, propriétaire du réseau, qui pilote cette fermeture, en deux temps :
- la fermeture commerciale : on ne peut plus souscrire de nouvel abonnement sur le cuivre, mais les abonnements existants continuent. Pour le téléphone RTC, elle a déjà eu lieu partout ;
- la fermeture technique : le réseau est éteint dans la zone, et tout ce qui passe par la prise en T cesse de fonctionner. Elle se fait commune par commune, et Orange prévoit que toutes les lignes soient fermées techniquement fin 2030.
Les dates varient donc selon votre commune. L’Arcep indique trois façons de vérifier la vôtre : le site Ma connexion internet (onglet des débits à l’adresse), le service du ministère de l’Économie qui permet de saisir le nom de sa commune, et la carte interactive d’Orange.
Les réseaux mobiles 2G et 3G
Beaucoup de transmetteurs d’alarme utilisent une carte SIM. Les plus anciens fonctionnent uniquement en 2G ou en 3G. Selon la fiche de l’Arcep sur la fermeture des réseaux 2G et 3G (mise à jour le 10 septembre 2026), les opérateurs ont annoncé pour la France métropolitaine :
- Orange : arrêt de la 2G généralisé de fin septembre à fin décembre 2026, arrêt de la 3G en 2028 ;
- SFR : arrêt de la 2G prévu le 15 novembre 2026, arrêt de la 3G fin 2028 ;
- Bouygues Telecom : arrêt de la 2G généralisé du 1er au 15 décembre 2026, arrêt de la 3G fin 2029 ;
- Free Mobile : pas de réseau 2G en propre, calendrier identique à celui d’Orange ; date de la 3G non encore annoncée.
L’Arcep précise que ce calendrier peut évoluer, et cite justement les systèmes d’alarme connectés et de télésurveillance parmi les équipements qui fonctionnent parfois encore uniquement en 2G ou en 3G. Les équipements qui ne sont pas compatibles avec la 4G, la 5G ou une autre technologie devront être remplacés.
Comment savoir par où passe votre alarme
Avant de vous inquiéter, identifiez le mode de transmission de votre système. Quelques repères :
- Un câble relie la centrale ou le transmetteur à la prise téléphonique murale : la transmission passe par le cuivre. Elle s’arrêtera à la fermeture technique de votre zone.
- Le transmetteur contient une carte SIM : il passe par le réseau mobile. Reste à savoir s’il est compatible 4G. La référence du module, notée sur l’étiquette ou dans la notice, permet de le vérifier auprès du fabricant.
- Le transmetteur est branché sur votre box (câble réseau ou prise téléphone de la box) : la transmission passe par internet. Elle ne dépend pas de la fermeture du cuivre si votre box est sur la fibre, mais elle dépend du courant et de la box.
- Vous ne savez pas : la notice, la facture d’installation ou le contrat de télésurveillance indiquent souvent le type de transmetteur. Sinon, l’installateur peut le dire en quelques minutes sur place.
Ce que deviennent les cas les plus courants
Transmetteur téléphonique sur la prise en T
Il fonctionne jusqu’à la fermeture technique du cuivre dans votre commune, puis il ne pourra plus appeler. Certains transmetteurs téléphoniques peuvent être raccordés à la prise téléphone d’une box, mais ce n’est pas garanti pour tous les modèles : la seule façon d’en être sûr est de tester une alerte de bout en bout après le changement. L’autre solution consiste à passer à un module de transmission par internet ou par réseau mobile 4G.
Transmetteur GSM 2G ou 3G
Quand le réseau de son opérateur s’éteint, il ne peut plus envoyer d’alerte. Il faut le remplacer par un module compatible 4G. Sur les systèmes Daitem, par exemple, la fiche du module de transmission SH505AX décrit une transmission par Ethernet ou par réseau mobile 4G, avec des alertes par notification dans l’application Daitem Secure, par SMS ou MMS, ou vers un télésurveilleur. Le bon module dépend de la centrale déjà en place : c’est ce point qu’il faut faire vérifier.
Transmetteur par internet via la box
C’est la solution la moins concernée par ces fermetures, avec une limite importante : sans courant, la box ne fonctionne plus. Une transmission par internet doublée d’un secours par réseau mobile 4G reste plus sûre qu’une transmission par la box seule.
Ne pas oublier la coupure de courant
L’Arcep le rappelle dans sa fiche sur le cuivre : avec la fibre comme avec l’ADSL, aucun appel n’est possible en cas de coupure d’électricité. Pour les alarmes et les dispositifs de sécurité, elle conseille des équipements sur batterie ou secourus, par exemple par un onduleur. C’est justement le moment où un cambrioleur peut agir : un transmetteur qui ne fonctionne que par la box ne prévient plus personne si le compteur est coupé.
Liste de vérification avant les dates d’arrêt
- Repérer le type de transmetteur (prise en T, carte SIM, box) et noter sa référence.
- Vérifier la date de fermeture du cuivre dans votre commune et l’opérateur de la carte SIM du transmetteur.
- Demander au fabricant ou à l’installateur si le module est compatible 4G.
- Prévenir votre société de télésurveillance si vous en avez une : un changement de transmetteur se prépare avec elle.
- Prévoir un secours en cas de coupure de courant (transmission mobile, batterie).
- Après tout changement, faire un essai réel : déclencher une alerte et vérifier qu’elle arrive bien sur votre téléphone ou à la station.
- Vérifier que la liste des numéros à prévenir est à jour.
Les erreurs à éviter
- Attendre la panne pour agir : une alarme muette ne se signale pas toujours d’elle-même, surtout si personne ne surveille la liaison.
- Croire que la fibre règle tout : si le transmetteur est toujours branché sur la prise en T, il ne profite pas de la fibre.
- Changer de box sans retester l’alarme : un changement d’opérateur ou de box peut couper le transmetteur sans que vous le remarquiez.
- Signer trop vite : l’Arcep rappelle que vous restez libre de choisir votre opérateur et vos offres. Prenez le temps de comparer.
Le contrôle régulier de la transmission fait partie de l’entretien normal d’une alarme, comme nous l’expliquons dans notre article sur les points de contrôle de l’entretien d’une alarme. Et si votre système est relié à une station, notre article sur le déroulement d’une alerte en télésurveillance montre pourquoi une liaison fiable compte autant que les détecteurs.
Votre alarme est installée dans les Yvelines ?
IPA Conseils, installateur Daitem basé à Vaux-sur-Seine, peut vérifier le transmetteur de votre système et vous dire s’il doit évoluer avant l’arrêt des réseaux. Pour un système Daitem déjà en place, consultez notre page maintenance et dépannage d’alarme Daitem. Si vous envisagez un nouveau système, notre page installation d’alarme pour la maison dans les Yvelines présente notre façon de travailler.
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